Est-ce que le bio le vaut bien ?

Une étude récente fait le point sur les avantages de la nourriture bio.

Ce qui freine encore les achats des produits bio c’est le prix. Presque 47% plus cher que les produits traditionnels selon une récente étude de Consumer Reports. Mais une dernière étude de marché de Nature Plants a fait un point et analysé les avantages comparatifs du bio sur l’alimentation classique; ses conclusions démontrent que les bienfaits du bio compensent de loin son prix plus élevé.

Quand le bio est apparu dans les étals de magasins, l’idée générale était qu’il s’agissait d’une méthode de production alimentaire inefficace et pour des idéalistes et sans surprise peu d’études et de recherches avaient été faites sur le sujet. John Reganold, professeur d’agro-écologie et d’études du sol à la Washington State University se souvient; « il y avait dans les années 80 qu’une poignée d’études sur le bio. »Mais il effectue des recherches sur l’agriculture bio depuis plus de 30 ans. Vers 2000, en revanche il y a eu un emballement et maintenant nous disposons de plus d’un milliers d’études sérieuses sur le sujet du bio.

Reganold a analysé plus de 40 ans de données disponibles et s’est concentré sur l’impact de l’agriculture bio à différents niveaux: productivité, environnement, viabilité économique et bien être social.

Reganold commente ainsi: « Si je devais résumer en une phrase, l’agriculture bio a créé des emplois, est rentable, bénéficie au sol, à l’environnement et maintient des interactions sociales entre les producteurs et les consommateurs. Certaines pratiques de l’agriculture bio fournissent des modèles de production pour nourrir l’humanité dans le futur. Le bio pourrait bien être un choix avisé pour soutenir la demande alimentaire mondiale dans le contexte d’événements climatiques de plus en plus imprévisibles. »

A première vue, cela semble peu probable, étant donné que les rendements de l’agriculture bio sont 10 à 20% moins importants que les rendements de l’agriculture intensive.  La raison principal tient dans l’usage autorisé des engrais minéraux dans l’agriculture traditionnelle tandis que leur usage est limité dans l’agriculture bio. « Lorsque les agriculteurs ajoutent des engrais minéraux dits chimiques, ils sont immédiatement disponibles pour la plante qui peut croître plus vite tandis que dans le bio,  les engrais essentiellement organiques comme le compost ou les déjections animales prennent plus de temps à se décomposer et pour libérer les nutriments. Cette approche lente et continue s’inscrit dans une vision à long terme de « construction du sol »

Néanmoins, Reganold a fait apparaître des données étonnantes issues de différentes recherches; les rendements bio sont régulièrement plus élevés que ceux de l’agriculture intensive dans les cas de sécheresse. Le sol est constitué de couches de matière organique qui a un très fort pouvoir de rétention de l’eau et par conséquent les plantes ont un meilleur accès à des ressources en eau que dans des parcelles classiques. Pour chaque cm d’eau de pluie infiltrée dans le sol, un plant de blé peut produire 3 boisseaux selon Reganold.

Typiquement, l’agriculture bio consomme moins d’énergie aussi. En outre, si vous regardez les effets induits sur l’écosystème, là encore l’agriculture bio le remporte haut la main. Si on pouvez donner une valeur économique à la biodiversité induite, la pollinisation, la qualité des sols (certains chercheurs l’ont évaluée) alors cette valeur économique surpasse le sur-coût de la nourriture bio.

Aussi, une analyse de 2015 sur le secteur de l’agriculture bio publiée par le journal PNAS a démontré que l’agriculture biologique profite plus aux producteurs que l’agriculture traditionnelle avec des bénéfices supérieurs de 22 à 35%. Cette étude a démontré également que pour trouver le point d’équilibre et de rentabilité, les produits bio ne pourrait être que de 5% plus chers que les produits classiques.

Il y a encore mieux. Cette dernière étude mets en avant que sur 15 revues scientifiques qui se sont penchées sur l’aspect nutritionnel des produits bio, 12 d’entre elles ont conclu que les produits bio ont une valeur nutritionnelle supérieure, présentent des niveaux de vitamine C, d’antioxydant et d’oméga 3 supérieurs aux produits issus de la culture intensive. D’autres études démontrent aussi que les enfants qui mangent des produits bio présentent des niveaux de pesticide dans le corps bien inférieurs aux enfants qui ne s’alimentent qu’avec des aliments conventionnels.

La nourriture bio ne cesse d’envahir nos étals et la demande croît rapidement. En 1997, le bio ne concernait que  1% du marché de l’alimentation et des boissons. Aujourd’hui cela représente 5% selon Reganold. Toutefois la production bio subit quelques revers. Les politiques publiques soutiennent très largement le modèle traditionnel de la culture intensive et les recherches sur l’agriculture biologiques sont très rares, les financements presque inexistants.

Le nouveau challenge pour les hommes politiques sera de créer et de permettre un environnement favorable à l’expansion de la production bio et des autres formes de culture innovantes afin de mettre en place un système de production véritablement durable.

Traduit de Why Organic Food Might Be Worth the High Price
Mandy Oaklander @mandyoaklander Feb. 4, 2016

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